Phil Youss - Auteur

Aidons-nous entre auteurs

Amis auteurs, qui, parmi vous, ne s'est pas dit au moins une fois "Tiens, comment on accorde ça ?" ou bien "Je mets une virgule là, ou pas ?" ou encore "Je ne sais plus s'il y a un trait d'union ici..." ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je m'en suis posé plein, des questions comme celles-là. Parce qu'écrire ce qui nous passe par la tête pour faire rêver le lecteur, c'est bien, mais il ne faut pas tranformer son rêve en cauchemar orthographique ou grammatical. Les fotes, sa casse tous ! Et puis c'est une question de respect envers celui ou celle qui nous fait l'honneur de s'intéresser à ce qu'on a écrit.

Il y a, bien sûr, de nombreux sites très bien faits de correcteurs professionnels et d'excellents forums de spécialistes pour répondre à toutes ces questions. C'est d'ailleurs là que j'ai trouvé mes réponses. Mais cela prend parfois pas mal de temps, d'autant que pour certaines questions, les réponses ne font pas toujours l'unanimité et suscitent des débats passionnés.

Je me suis donc dit qu'il serait intéressant de partager ici avec vous les réponses à mes interrogations pour vous épargner des heures de recherche. Je ne prétends aucunement me substituer aux sites spécialisés mentionnés plus haut. Je vous citerai mes sources pour que vous puissiez vérifier ou corriger. Et quand la question n'est pas tranchée, je vous indiquerai mon choix et la raison de ce choix.

Et si vous constatez une erreur (ou un lien mort), ou si vous souhaitez apporter d'autres informations, n'hésitez surtout pas à user du formulaire de contact pour me le signaler. Voilà qui serait super sympa.

Adjectif de couleur simple : accord en genre et nombre (ex. : des fleurs rouges).

Adjectif de couleur qui est aussi un nom : invariable sauf exceptions (ex. : des fleurs orange, des chaussures marron).
Exceptions : rose, écarlate, pourpre, mauve, fauve, vermeil, incarnat, alezan, bai, ultraviolet. Ex. : des fleurs écarlates.

Adjectif dérivé d'un adjectif de couleur : accord en genre et nombre (ex. : des fleurs orangées, des feuilles verdâtres).

Deux adjectifs de couleur composés : invariables, reliés en principes par un trait d'union (ex. : des feuilles jaune-vert).

Un adjectif de couleur + un adjectif 'ordinaire' : invariables, SANS trait d'union (ex. : des fleurs rouge vif).

Un adjectif de couleur + un nom (qui n'est pas un nom de couleur) : invariables, SANS trait d'union (ex. : des briques rouge argile).

Un nom composé, une expression : invariable (ex. : des cheveux aile de corbeau, des papillons arc-en-ciel).

Deux adjectifs combinés par ET ou séparés par des virgules : dépend du contexte.
Des chemises blanches et bleues : il y a des chemises entièrement blanches et d'autres entièrement bleues.
Des drapeaux bleu, blanc, rouge : chacun des drapeaux est tricolore.
Si le nom qualifié est au singulier, il n'y a pas ambiguité. On peut donc faire l'accord en genre : une chemise bleue et blanche.

Références

Pronom personnel : invariable, généralement devant un verbe. Ex . : je leur ai dit bonjour.

Pronom possessif : accord en nombre. Ex. : ces chapeaux sont les leurs.

Déterminant possessif : singulier si le possesseur possède un seul objet ou pluriel si le possesseur possède plusieurs objets. Ex. : les arbres ont perdu leurs feuilles ; ils ont pris leur destin en main.

De manière générale, la règle est donc simple.

Mais dans certains cas, il peut y avoir ambiguité. Ex. : ces enfants aiment leur(s) mère(s). Ces enfants sont-ils tous frères et sœurs ? Si oui, on met le singulier (c’est leur mère à tous). Sinon, le pluriel indique qu’ils ne sont pas de la même famille. On peut aussi peut-être s’en sortir par une autre formulation selon le contexte.

A voir aussi si l’on veut insister sur la pluralité : ‘les marchands ont rouvert leurs boutiques’ (V.Hugo). Personnellement, même si chaque marchand n’a probablement qu’une boutique, je trouve que le pluriel donne ici bien plus de force. On imagine bien toutes les boutiques, alors qu’au singulier, l’effet est plus modeste. Enfin, cela n’engage que moi.

A en juger par les débats sur divers sites et forums, la question n’est pas tranchée, donc à vous de voir...

Le COD fait l’action du verbe à l’infinitif : accord. Ex. : les enfants que j’ai vus jouer (ce sont les enfants qui jouent).

Le COD ne fait pas l’action du verbe à l’infinitif : pas d'accord. Ex. : la musique que j’ai entendu jouer (ce n’est pas la musique qui joue).

Verbes d’opinion ou de déclaration + infinitif : invariable. Ce sont des verbes comme dire, affirmer, penser, etc. Ex. : ces tableaux, que j’ai cru être des faux, …

L'exception du verbe faire : le participe de faire (ou se faire) est invariable. Ex. : je les ai fait partir.

Le verbe laisser : selon la réforme de 1990, laisser peut être traité comme faire. Mais cela fait l’objet d’un débat.

La règle n'est pas aussi simple qu'on pourrait le penser.

Le verbe a un COD après : invariable. Ex. : elles se sont donné des cadeaux.

Le verbe a un COD avant (souvent QUE, LE/LA/LES, SE) : accord avec ce COD. Ex. : Les cadeaux qu'elles se sont donnés. Elles se sont vues.

Le verbe n'a pas de COD et le pronom réfléchi est un COI : invariable. Ex. : ils se sont succédé (ils ont succédé A QUI ? A EUX). Elles se sont téléphoné (elles ont téléphoné A QUI ? A ELLES).

Le verbe n'a pas de COD et le pronom réfléchi n'est pas un COI (il fait partie du verbe) : accord avec le sujet. Ex. : elle se sont évanouies. Ils se sont souvenus.

Il s’agit ici des participes passés du genre approuvé, vu, étant donné, excepté, etc.

Quand ces participes sont employés comme prépositions (placés devant le nom ou le pronom auquel ils se rapportent), ils sont invariables. Ils peuvent être remplacés par une autre préposition. Ex. : étant donné (à cause de) la situation, nous devons prendre les mesures qui s’imposent. Il travaille tous les jours, excepté (sauf) le dimanche. Il est rentré passé (après) deux heures du matin.

En revanche, placés après le nom auquel ils se rapportent ou placés en apposition, ils s’accordent. Ex. : il est rentré à dix heures passées.

Bien sûr, vous vous en douterez, il y a bien quelques particularités, notamment pour étant donné, fini, mis à part, approuvé, fait, lu (cf. Références ci-après).

Si le nom qui suit est un non comptable, c'est forcément le singulier. Ex. : sans eau, la plante meurt.

Sinon, c'est la logique qui guide le singulier ou le pluriel. Une astuce peut aider : remplacer SANS par AVEC pour voir s'il vous paraît plus logique ou plus naturel d'employer le singulier ou le pluriel.

Une chemise sans manches (une chemise avec DES manches).
Une voiture sans chauffeur (avec UN chauffeur).

Obligatoire devant certains mots (comme MAIS ou CAR, par exemple), interdite dans certaines situations, elle est aussi employée pour rythmer le récit, faire ressortir des éléments par une pause, encadrer une incise, etc.

Mais comme toute arme de précision, son usage est sensible. Mal employée, elle peut changer le sens d’une phrase ou la rendre incompréhensible.

Le sujet est tellement vaste que je ne peux en expliquer ici tous les rouages (enfin… ceux que je connais !). Je voulais juste attirer votre attention sur le sujet et je vous invite à parcourir les liens qui suivent (et bien d’autres, sans doute). Il serait dommage de ne pas tirer le meilleur parti de ce couteau suisse de l'écriture.

Avant d'aller vagabonder à sa recherche sur la toile, prenez donc quelques secondes pour admirer ces deux exemples que j'ai trouvés :

Un homme entra, sur la tête un chapeau de paille, aux pieds des souliers vernis, à la main un vrai bouquet de fleurs.
Un homme entra sur la tête, un chapeau de paille aux pieds, des souliers vernis à la main : un vrai bouquet de fleurs.

Et si on mangeait, les enfants ?
Et si on mangeait les enfants ?

Je ne m'intéresse pas ici à tous les usages de ce mot, mais de la situation suivante : il court tel(le) une fusée (comme une fusée).

Dans ce cas précis, TEL s'accorde avec le nom qui suit. Donc, cela donne : il court TELLE une fusée.

Mais attention ! Si TEL est suivi de QUE, alors il s'accorde avec le sujet auquel il se rapporte : les fruits TELS que les oranges ont des pépins.

Eh oui ! Dans pas mal de situations, il n'est pas toujours évident de choisir entre le singulier et le pluriel. Au risque, d'ailleurs, de changer le sens. Prenons cet exemple tout simple : sans connaissance (être évanoui) ou sans connaissances (ne connaître personne ou n'avoir aucune connaissance sur un sujet).

Il y a tellement de cas et d'expressions toutes faites que je ne vais pas refaire l'excellent travail réalisé dans les articles en lien ci-dessous, que je vous laisse donc consulter par vous-même (ou vous-mêmes, si vous êtes plusieurs devant cet écran en ce moment).

J'ai trouvé autant d'articles autorisant les deux graphies que d'articles imposant le singulier comme une forme figée.

J'avoue avoir tendance à l'utiliser au pluriel pour insister sur la pluralité et la diversité. A vous de voir. Si quelqu'un trouve un article officiel et irréfutable, je suis preneur.

Quand faut-il accorder le mot TOUT ? L’accord est en général facile à déterminer, mais attention quand même à certaines situations.

Devant un nom : c’est un déterminant. Il s’accorde donc en genre et en nombre. Ex. : toute vérité n’est pas bonne à dire. On a mangé toutes les sucreries.

Devant un verbe : pronom. Accord en genre et en nombre. Ex. : les colis sont arrivés, tous sont intacts (chacun est intact). Mais attention : les colis sont arrivés, tout est intact (sens collectif : l’ensemble est intact).

Devant un adjectif qualificatif : adverbe, mais pas toujours invariable pour autant. En effet, devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou un h aspiré, il s’accorde avec l’adjectif. Ex. : elles étaient tout émues ; des maisons toutes neuves.

Quand faut-il en mettre ? Quand est-ce une erreur ? Voici les principales règles.

Expressions avec CI et LA : ci-après, ci-contre, ci-dessous, ci-dessus, ci-devant, ci-inclus, ci-gît, de-ci de-là, par-ci par-là, là-bas, làdessous, là-dessus, là-haut, là-dedans, jusque-là, celui-ci, ce mois-ci, ce jour-là...
SAUF quelques exceptions : deçà, delà, çà et là, par là, d'ici là, par là même...

Avec AU ou PAR : au-dehors, par-dessus, au-dessous, etc.

Mais pas avec EN : en dehors de, en deçà, etc.

Entre un pronom et MEME : moi-même, lui-même, eux-mêmes.

Mais pas entre un nom et MEME : le jour même.

Entre un verbe et un pronom : ouvre-moi, parlons-en, allons-y, comment va-t-il, ...

Et bien d'autres cas encore, que je vous laisse étudier dans les références ci-dessous.

Ne pas confondre AVOIR AFFAIRE et AVOIR A FAIRE.

Avoir affaire à : avoir affaire à quelqu'un, à quelque chose, c'est être en rapport avec ou être confronté à quelqu'un, quelque chose.

Avoir à faire : avoir quelque chose à faire (une chose qui doit être faite).

Astuce : on ne peut pas avoir deux fois la préposition "à" : j'ai eu à faire à lui. Cette expression est incorrecte, donc c'est forcément "j'ai eu affaire à lui".

Comment bien écrire les nombres en toutes lettres ? La réforme de 1990 (mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix !) a simplifié les règles.
Je vous laisse consulter les références ci-après.